LETTRE PASTORALE DU SAINT-SYNODE DE L'ÉGLISE ORTHODOXE ROUMAINE

LETTRE PASTORALE DU SAINT-SYNODE DE L'ÉGLISE ORTHODOXE ROUMAINE sur l’importance de L’ANNÉE EUCHARISTIQUE (des Saints Sacrements de la Confession et de la Communion) et de L’ANNÉE COMMÉMORATIVE DES SAINTS MARTYRS BRANCOVANS

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LETTRE PASTORALE

DU SAINT-SYNODE DE L'ÉGLISE ORTHODOXE ROUMAINE

sur l’importance de

L’ANNÉE EUCHARISTIQUE (des Saints Sacrements de la Confession et de la Communion) et de L’ANNÉE COMMÉMORATIVE DES SAINTS MARTYRS BRANCOVANS

 

À LA SAINTE COMMUNAUTÉ MONASTIQUE,

AU RÉVÉREND CLERGÉ

ET AUX FIDÈLES BIEN-AIMÉS DU PATRIARCAT ROUMAIN,

Grâce, miséricorde et paix de la part de Dieu Père, Fils et Saint Esprit

et, de la nôtre, bénédictions paternelles !

 

 

 

            Révérends Pères, bien-aimés fidèles,

 

            L’année 2014 a été promue par le Saint-Synode de l’Église Orthodoxe Roumaine comme l’Année Eucharistique (des saints Sacrements de la Confession et de la Communion), afin de souligner l’importance de la sainte Confession comme Mystère du pardon, de la réconciliation et de la guérison spirituelle, de la sainte Communion, comme Mystère de la sanctification et du renouvellement de la vie, par la communion avec le Christ, mais également l’Année commémorative des saints Martyrs Brancovan dans le Patriarcat Roumain, car nous commémorons 300 ans depuis le martyre du saint Souverain du Pays Roumain, Constantin Brancovan, de ses quatre fils, Constantin, Stéphane, Radu et Mateï et du conseiller Ianaché.

            L’approfondissement des significations spirituelles et des fins rédemptrices des Mystères de la sainte Confession et de la sainte Communion par les prêtres et les fidèles  souligne leur importance et leur nécessité pour le temps présent, car ce sont des lumières de résurrection et de renouvellement spirituels. Par le saint Mystère de la Confession nous confessons nos péchés et recevons leur pardon, et en participant au saint Mystère de la Communion, nous recevons « le pain de la vie (qui) change, transfigure et remplit de vie celui qui communie », selon les mots de saint Nicolas Cabasilas[1].

            L’injonction biblique et liturgique « Goûtez et voyez combien le Seigneur est bon » (Psaume 33, 9) est un appel à la connaissance du sens de la vie comme relation de communion de l’homme avec Dieu, au renouvellement de la vie par le Mystère de la sainte Confession et la communion de l’amour éternel avec le Christ crucifié et ressuscité par le Mystère de la sainte Communion. Dans ce sens, « Travaillez, non pas pour la nourriture qui se perd, mais pour la nourriture qui demeure en vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, car c’est lui que le Père, Dieu, a marqué de son sceau. (…). Je suis le Pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais. Et même, le pain que Je donnerai, c’est ma chair pour la vie du monde. » (Jean 6, 27 ; 51).

            Le salut est l’expérience vivante de la relation personnelle, consciente et libre de l’homme avec Dieu, la Source de la vie éternelle. Le repentir ou la confession des péchés et le pardon reçu dans le Mystère de la sainte Confession signifie vie et élévation. C’est pour cela que le salut proposé par Dieu aux hommes signifie, en fait, délivrance et guérison du péché et de la mort. Cette vérité est contenue dans les paroles : Dieu veut, non pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive (cf. Ézéchiel 18, 23 ; 33, 11) ou Dieu « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Timothée 2, 4). Le repentir et la restauration de l’union de l’être humain à Dieu dans le Mystère de la sainte Confession et l’accomplissement de l’union par la communion au Corps et au Sang du Christ dans l’Eucharistie ouvrent à chaque chrétien la porte du Royaume des cieux.

             Sur le fondement de la sainte Écriture, le repentir ou la confession des péchés est un travail de renouvellement de la vie spirituelle, le repentir du roi David et du roi Manassé étant des exemples bien connus de l’Ancien Testament ; dans le Nouveau Testament, le Sauveur Jésus Christ, Donateur de lumière et de guérison pour les âmes, reçoit avec compassion le repentir sincère de tous ceux qui reconnaissent avec contrition leurs péchés, en disant : il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent (cf. Luc 15, 7). Parmi les exemples de repentir et de pardon des péchés, il y a surtout celui de la femme adultère, qui a enduit ses pieds avec de la myrrhe et les a séchés avec ses cheveux (cf. Luc 7, 36-50), ou celui du larron sur la croix (cf. Luc 23, 42).

D’ailleurs, quand Il commença à transmettre l’Évangile du salut, le Seigneur Jésus Christ appela les hommes au repentir, en disant : « Repentez-vous, car le Royaume des Cieux est tout proche. » (Matthieu 4, 17). Et après sa résurrection des morts, le Christ Seigneur a fait don à ses disciples, et par eux aux serviteurs de l’Église, de la grâce et de l’offrande du pardon, en disant : « Recevez l’Esprit saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis » (Jean 20, 22-23). Seuls les continuateurs des apôtres, les évêques et les prêtres de l’Église, ont reçu la grâce de lier et de délier ou d’accorder le pardon des péchés par l’invocation de l’Esprit saint purificateur, guérisseur et sauveur sur les fidèles qui se repentent.

            Le repentir enseigné par l’Église et pratiqué dans la sainte Confession n’est pas un repentir du désespoir, mais un repentir de l’espoir et de la joie, de la reconquête et de l’arrachement du pécheur de l’emprise des péchés ou des passions. Quand nous nous confessons et nous recevons le pardon, nous préparons alors la joie de la résurrection de notre âme de la mort causée par le péché. Dns ce sens, les périodes de repentir et de jeûne deviennent des périodes de purification et de préparation à la joie, et la vraie joie est notre union à Dieu, la Source de la vie et de la joie éternelles, qui s’accomplit par la participation à la sainte Communion.

             Malheureusement, dans la société actuelle, où dominent l’isolement individualiste et l’autosuffisance de l’être sécularisé, la conscience du péché et la pratique du repentir ont beaucoup diminué, et là où le repentir n’existe plus, il n’y a plus ni désir de sainteté ni salut ou vie éternelle. Le repentir en tant que saint Mystère de la Confession des péchés signifie plus d’exigence avec nous-mêmes et plus de bienveillance envers les autres, comme y insiste saint Jean Chrysostome en disant : « Cela est la cause de toutes choses mauvaises : rechercher minutieusement les péchés des autres et pardonner les nôtres avec beaucoup d’insouciance »[2].

            Selon la tradition et la pratique de notre Église, il faut nous confesser avant de recevoir la sainte Communion. Si l’être ne se repent pas et ne demande pas le pardon des péchés, il ne peut pas entrer au Royaume des Cieux : « Ne savez-vous pas que les injustes n’hériteront pas du Royaume de Dieu ? » (1 Corinthiens 6, 9). Le vêtement propre des fils du Royaume de Dieu s’acquiert une seule fois par le baptême, mais il se purifie plusieurs fois par le repentir, appelé aussi « le baptême des larmes ».

            En montrant que seulement en nous repentant des péchés, nous pouvons nous purifier et goûter à la vie éternelle, l’écriture apostolique connue sous le nom de Didachè (datée du premier siècle) dit concernant le repentir : « Dans l’Église, tu confesseras tes fautes et tu n’iras pas à la prière avec une conscience mauvaise. Tel est le chemin de la vie » (chap. IV, 14), et sur la communion au Corps et au Sang du Christ, la Didachè précise : « Si quelqu’un est saint, qu’il vienne ! Si quelqu’un ne l’est pas, qu’il se convertisse ! » (chap. X, 5) ou : « Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâces, après avoir d’abord confessé vos péchés, afin que votre sacrifice soit pur. Celui qui a un différend avec son compagnon ne doit pas se joindre à vous avant de s’être réconcilié, afin de ne pas profaner votre sacrifice » (chap. XIV, 1-2)[3].

 

 

            Bien-aimés fils et filles spirituels,

 

            Par la Sainte Liturgie eucharistique s’accomplit la relation spirituelle la plus vivante, la communication la plus riche et la plus intense communion entre le Christ – Tête de l’Église et son Église, son corps mystique, temple du saint Esprit, peuple de Dieu-Père, comme dit le Christ lui-même à ses apôtres, parlant du Mystère de la communion avec lui : « En vérité, en vérité, Je vous le dis, si vous ne mangez la chair du Fils de l’homme et ne buvez son sang, vous n’aurez pas la vie en vous. Qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle et je le ressusciterai au dernier jour. » (Jean 6, 53-54).

            Ainsi, la sainte Eucharistie nous donne le gage de la vie éternelle. C’est pour cela que, quand nous recevons le Corps et le Sang du Seigneur, l’évêque ou le prêtre dit que nous communions « pour le pardon des péchés et la vie éternelle »[4], et le chœur chante pendant la communion des fidèles « Recevez le Corps du Christ et goûtez à la source immortelle ! »[5]. L’union spirituelle du Christ avec son Église et de l’Église avec le Christ a comme fin le pardon, la purification et la sanctification des êtres humains afin de recevoir le salut et la vie éternelle. Dans ce sens, Père Dumitru Stăniloae dit : « Ceux que Dieu a créés ne peuvent avoir la vie et s’y déployer que par lui, en tant que Source de la vie. C’est pour cela que Dieu les fait naître à nouveau (par le baptême n.n.). Mais Dieu ne peut pas abandonner ceux qui sont nés de lui sans les nourrir avec sa vie. (…) Après avoir vu que les êtres ne peuvent vivre éternellement dans la vie en lui, Dieu les nourrit Lui-même avec sa vie, afin qu’ils puissent s’épanouir dans la vie et y demeurer éternellement en elle »[6].

            Alors que le monde sécularisé actuel ne vénère plus Dieu et est dominé par un esprit d’abattement, l’Eucharistie de l’Église, en tant que Mystère de la reconnaissance envers Dieu le Créateur et le Sauveur du monde, nous fait le don de la sainte paix et de la joie profonde, jaillies de la prière humble et assidue. Malheureusement, l’être sécularisé a perdu la paix et la joie de l’âme, justement parce qu’il a perdu la pratique de la prière comme respiration de l’âme dans la présence remplie de grâce de l’amour compatissant de Dieu.

            Il est significatif que la venue du Christ dans le monde comme homme-enfant né au Bethléem commence avec l’annonce de la joie par les anges : « voici que je vous annonce une grande joie, qui sera celle de tout le peuple » (Luc 2, 10), et son ascension en gloire s’accomplit avec la joie de la bénédiction du Christ donnée aux apôtres et, par eux, à son Église entière : « Pour eux, s’étant prosternés devant lui, ils retournèrent à Jérusalem en grande joie » (Luc 24, 52). Cette joie est reçue toujours aujourd’hui dans la communion de vie de l’Église avec le Christ Ressuscité, présent en grâce dans la communauté ecclésiastique qui se trouve en prière (cf. Matthieu 28, 20).

            C’est pour cela qu’il faut redécouvrir la dimension ecclésiale du Mystère de la sainte Confession et du Mystère de la sainte Eucharistie comme sources de joie, de sainteté et de progression spirituelle de la communauté de l’Eglise en communion.

            Par la sainte Communion reçue dans l’Église, nous nous rapprochons du Christ et apprenons à vivre et à grandir spirituellement en Lui, comme dit saint Nicolas Cabasilas : « La relation avec le Christ est notre vraie vie, car nous arrivons à être ses «  membres » et ses « fils », communiant à son Corps, à son Sang et à son Esprit. Il relie nos vies à Dieu, plus fort que ne le feraient nos seuls efforts, plus fort même que ce que nous possédons par notre propre nature, car le Christ est plus proche de nous que ne le sont nos propres parents biologiques »[7].

            Le Mystère de la sainte Communion est source de sanctification de la vie chrétienne et manifestation de l’unité de l’Église. Plus nous communions fréquemment, surtout après une préparation adéquate, par le repentir et la Confession, plus grande deviennent la joie de l’âme et la paix. Par la communion eucharistique, le Christ est présent, non plus seulement au milieu ou entre nous, mais dans notre âme. Dans ce sens, saint Nicolas Cabasilas dit : « Le Seigneur nous fait le don de lui-même ; car en communiant à son Corps et à son Sang, nous recevons Dieu lui-même dans nos âmes »[8] ; et Il devient la Vie de notre vie (cf. Jean 6, 56-57). Le saint Mystère de la Communion signifie la vie du Christ donnée à nous les hommes, afin que nous, les êtres terrestres, goûtions pendant cette vie même au bonheur de la vie éternelle : « Le pain de la vie est la Vie même, qui ressuscite ceux qui y goûtent »[9]. Ainsi, quand nous recevons, avec repentir et humilité, la sainte Communion, la sainte vie du Christ crucifié et ressuscité sanctifie notre vie, lui offrant le gage de la résurrection et l’accompagnant vers la vie céleste et le bonheur éternel du Royaume de la sainte Trinité, qui est « justice, paix et joie dans l’Esprit saint » (Romains 14, 17).

            À cause de cela, toutes les prières orthodoxes avant la communion sont, en fait, des prières de repentir, et celles qui suivent la communion, des prières de remerciement pour le pardon des péchés et les bienfaits que la sainte Eucharistie apporte au salut de l’âme et à la vie de l’Église.

            L’Année Eucharistique a été l’occasion pour les éparchies du pays et de l’étranger, pour les paroisses et les monastères, pour les centres culturels et les écoles théologiques de l’étendue de l’Église Orthodoxe Roumaine, d’une participation intense des hiérarques, des prêtres et des moines, des pères spirituels et des professeurs de théologie, soulignant avec joie les sens spirituels et les visées rédemptrices de la sainte Confession et de la sainte Communion, leur importance et leur nécessité pour la vie et le secours des fidèles, pèlerins sur le chemin du salut dans le monde contemporain, toujours plus sécularisé.

            Dans le cadre de ces activités, le concours national de projets « La sainte Eucharistie – lumière de la vie chrétienne », organisé par le Patriarcat Roumain, a occupé une place importante, s’adressant aux enfants et aux jeunes des groupes de catéchèse impliqués dans le programme catéchétique « Le Christ communié aux enfants », et a eu comme visée l’éducation des enfants et des jeunes et leur familiarisation avec le Mystère de la sainte Confession et le Mystère de la sainte Eucharistie, leur accomplissement spirituel dans l’Église.

 

            Bien-aimés frères et sœurs dans le Seigneur,

           

            Ce n’est pas un hasard, cette année, quand nous rendons hommage à la sainte Eucharistie, nous commémorons aussi 300 ans depuis le martyre des saints Brancovan (1714), car il existe une relation spirituelle profonde entre l’amour sacrificiel du Christ pour l’humanité, célébré dans la sainte Eucharistie, et l’amour sacrificiel des martyrs ou des disciples pour le Christ, célébré dans les liturgies de leur commémoration par l’Église. Dans les deux cas, on saisit le mystère de la Croix et de la Résurrection du Christ, Vainqueur du péché, de l’enfer et de la mort, qui donne à ceux qui croient en lui le salut et la vie éternelle.

            L’histoire a inscrit le voïvode martyr Constantin Brancovan parmi les grands souverains de notre peuple, et l’Église l’a inscrit parmi les saints martyrs, défenseurs de la foi chrétienne et fondateurs de sanctuaires, à côté de ses quatre fils, Constantin, Stéphane, Radu, Mateï et de son conseiller Ianaché (Vacaresco), ceux-ci étant canonisés par le Saint-Synode de l’Église Orthodoxe Roumaine le 20 juin 1992, avec la date de commémoration le 16 août.

            Le saint voïvode martyr Constantin Brancovan a vécu et a œuvré pour l’unité du peuple roumain, malgré la division de celui-ci en trois grandes provinces distinctes. C’était un souverain cultivé et un mécène de l’enseignement et de la culture, promouvant la publication de nombreuses œuvres de valeur, théologiques et laïques, de sorte que pendant son règne, la ville de Bucarest est devenue un centre spirituel et culturel significatif dans le sud-est européen, et le souverain du Pays Roumain un grand défenseur de la culture dans l’espace roumain entier. C’est la raison pour laquelle son règne a été considéré comme « une monarchie culturelle » (N. Iorga).

            Aimant le Christ et l’Église, le saint voïvode martyr Constantin Brancovan a été un grand fondateur de monastères et d’églises, en construisant de nouvelles et en restaurant ou faisant des dons aux autres plus anciennes au Pays Roumain et en Transylvanie. En même temps, le saint Constantin Brancovan a généreusement aidé l’entière chrétienté orthodoxe de l’Orient, sous occupation ottomane, par d’importants dons financiers et matériels aux Patriarcats de Constantinople, d’Alexandrie, d’Antioche, de Jérusalem, à l’Église de Géorgie, ainsi qu’à de nombreux monastères et sanctuaires du Mont-Athos. Par cette attention, il a montré beaucoup de générosité, d’humilité et de dignité, demeurant avec le temps un exemple vivant pour les souverains chrétiens et pour les défenseurs de la culture chrétienne. Il existe certains témoignages historiques qui montrent que les Patriarches de Constantinople et surtout les Patriarches de Jérusalem et d’Antioche ont été maintes fois reçus à la cour du saint souverain Constantin Brancovan. Celui-ci, en dehors d’autres formes d’aide, publiait également des livres ecclésiastiques dans leurs langues, parmi lesquels le premier livre imprimé en langue arabe au monde (Livre liturgique gréco-arabe, au Monastère Snagov, en 1701). Cette attention portée à la sainte Église Orthodoxe l’a déterminé à devenir un grand missionnaire, un souverain chrétien humble et généreux.

            Le saint voïvode martyr Constantin Brancovan a eu 11 enfants (4 fils et 7 filles) et était connu comme un père travailleur, sage et généreux qui, avec son épouse, la Princesse Maria Brancovan, femme courageuse, humble et aimant l’Église et le Peuple, représente un modèle digne à suivre pour la famille chrétienne, pour l’éducation chrétienne des enfants, pour la persévérance du témoignage de la foi véritable et pour le soutien des valeurs de la culture chrétienne.

            Honorer la mémoire du saint voïvode martyr Constantin Brancovan est un devoir de conscience du peuple roumain entier. Dans ce contexte, plusieurs événements majeurs ont marqué cette année le caractère liturgique-missionnaire de la commémoration du saint Constantin Brancovan : l’exhumation de ses reliques le 13 mai 2014 et leur vénération par le dépôt dans un reliquaire en argent doré ; l’organisation, le 21 mai 2014, de la procession-pèlerinage avec les reliques du saint Constantin Brancovan, de la Cathédrale patriarcale à l’église « St. Georges le Nouveau » ; la sanctification de la nouvelle fresque et la bénédiction des grands travaux de l’Église « St. Georges le Nouveau » de Bucarest, sa fondation, ainsi que la concélébration des hiérarques de notre Saint-Synode et des représentants des Églises Orthodoxes sœurs, présents à Bucarest le 16 août 2014, le jour même de la commémoration des saints Martyrs Brancovan ; l’organisation de processions-pèlerinages avec les reliques du saint Constantin Brancovan aux églises les plus importantes fondées par lui dans le Pays Roumain et en Transylvanie : à l’église de Mogosoaïa (Ilfov), à l’église de Potlogi (Dâmbovita), à l’église de Fagaras et au Monastère Sambata de Sus (Brasov), au Monastère Hurezi (Vâlcea). Pour fortifier la joie spirituelle des dizaines de milliers de croyants vénérant les reliques de sainte Parascève de Iassi, les reliques du saint voïvode martyr Constantin Brancovan se sont arrêtées également dans la capitale moldave du 12 au 16 octobre 2014.

            Saint Constantin Brancovan a été un fidèle témoin de la foi chrétienne orthodoxe jusqu’à son martyre et un défenseur de la culture et de l’art roumains. La profondeur de la synthèse brancovane entre foi et culture, entre les valeurs artistiques de l’Orient et celles de l’Occident, s’est développée avec créativité dans un style artistique distinct dans l’histoire de la civilisation roumaine et européenne, connu sous le nom de style brancovan.

            L’œuvre terrestre entière du voïvode Constantin Brancovan a été achevée par sa mort en martyr, et l’exemple de sa vie donnée au Christ notre Seigneur jusqu’à sa mort ; et les prières adressés devant le Trône de la Toute sainte Trinité par les saints Martyrs Brancovan, constituent une source permanente de lumière et de renouvellement pour la vie chrétienne de nos jours.

           

            Fidèles chrétiens,

           

            À la fin d’une année d’hommage liturgique et de commémoration spéciale des saints martyrs Brancovan, nous prions la sainte Trinité de nous donner une foi profonde, l’amour envers l’Église et le peuple, et surtout d’apprendre, à partir de l’exemple des saints martyrs Brancovan, à aimer le Christ et à être fondateurs de sanctuaires et de culture chrétienne, à préserver l’entraide fraternelle envers les chrétiens orthodoxes et à être compatissants, à défendre la foi chrétienne, ayant dans l’âme l’amour sacrificiel pour le Christ et pour son Église.

            De nos jours, le dévouement que nous sommes appelés à offrir est, non pas un sacrifice sanglant, tel celui du voïvode martyr Constantin Brancovan, mais un dévouement ou une offrande spirituelle de son temps et de son confort propre, pour prier plus et accomplir plus d’actions d’amour compatissant et généreux, pour confesser plus fort encore l’amour du Christ crucifié et ressuscité et aider l’Église dans son œuvre pastorale et missionnaire dans la société contemporaine.

            Nous conseillons aux parents d’accorder plus de temps aux enfants et aux jeunes, leur enseignant à connaître les mystères de la foi véritable, de préserver l’espoir et l’amour, la liberté de faire le bien et non pas le mal, d’apporter de la joie autour de soi et de vénérer les saints, les héros et les sages, maîtres de l’héroïsme chrétien, de l’aide apportée au prochain et de la défense de l’Église du Christ.

            Nous encourageons tous les fidèles, mais surtout les jeunes, à découvrir la lumière de la sainte Confession, en tant que source de liberté et de paix de l’âme, de confesser au père spirituel tous leurs péchés et de pardonner à tous ceux qui les ont offensés, de même que le Christ Seigneur a pardonné, en disant sur la Croix : « Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu’ils font » (Luc, 23, 34). Ce n’est qu’ainsi que les chrétiens orthodoxes obtiennent le courage et le pouvoir de lutter contre les péchés et les mauvaises actions de toute sorte, de vaincre les tentations et les épreuves de nos temps.

            Nous conseillons à nos fils et filles spirituels de se confesser plus fréquemment afin de communier plus souvent à « la source immortelle » de la sainte Eucharistie, source de paix et de joie.

            Quand la sainte Eucharistie est reçue en s’étant préparé, plus précisément avec repentir, jeune et prière, elle devient source de lumière et de foi, nous aidant à montrer amour véritable et sainteté en famille et dans la société, à avoir du courage et de l’espoir, pour lutter contre les injustices et à être compatissants envers ceux qui se trouvent dans la souffrance et la douleur.       

            Nous sommes au début du Carême de la Nativité du Seigneur, appelé aussi le Carême de Noël. Chaque période de carême est une période de repentir et de préparation, mais ce Carême de Noël est surtout un apprentissage de la compassion, quand nous apprenons à répondre généreusement à la compassion et à la bonté infinies de Dieu pour nous, dévoilées par l’incarnation de son Fils, « pour nous, hommes, et pour notre salut », comme nous le confessons dans le Symbole de la Foi Orthodoxe.

            Pour maintenir vivante notre vénération, en cette période de Carême de la Nativité du Seigneur, tous les enseignements, ainsi que les vertus pratiques et spirituelles acquises durant cette Année Eucharistique et Année commémorative des saints martyrs Brancovan, nous avons le devoir chrétien d’accueillir et de rendre manifeste la joie de la Naissance de notre Seigneur Jésus Christ et de sa présence aimante dans les cœurs des chrétiens par une action compatissante, une bonne parole ou un geste d’encouragement, qui apaisent la souffrance ou la solitude des orphelins, des malades, des pauvres, des personnes âgées, des veuves, des marginaux, de tous ceux que la société n’aide pas, mais que Dieu Compatissant aime et nous demande à nous, chrétiens, d’aider spirituellement et matériellement.

            C’est pour cette raison que nous vous encourageons, cette année aussi, à organiser dans les paroisses et les monastères, dans les doyennés et les centres diocésains, des collectes d’aliments, de vêtements, de médicaments et d’argent, qui seront distribués à tous ceux qui sont dans la souffrance ou en difficulté, chacun contribuant avec son don, selon le désir de son cœur, sachant que « Dieu aime celui qui donne de bon cœur » (2 Corinthiens 9, 7).

            Nous invoquons Dieu Tout-compatissant, Père des lumières, par qui adviennent « tout don excellent et toute donation parfaite » (Jacques 1, 17), de vous récompenser pour la générosité que vous avez montrée par la collecte d’automne de l’année dernière et de tous vous bénir avec son amour, sa compassion et bonté divines, afin d’apporter cette fois encore, pendant le Carême de Noël, du soutien aux malades et beaucoup de prières, ainsi que de l’aumône à tous ceux qui sont dépourvus d’aide, en ayant la conscience, comme nous l’enseigne le saint apôtre Paul, que « le service de cette offrande ne pourvoit pas seulement aux besoins des saints ; il est encore une source abondante de nombreuses actions de grâce envers Dieu » (2 Corinthiens 9, 12).

            Nous vous embrassons avec amour paternel et nous prions que « la Grâce de notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du saint Esprit soient avec vous tous ! » (2 Corinthiens 13, 13). Amen !

 

 

LE PRESIDENT DU SAINT-SYNODE DE L’ÉGLISE ORTHODOXE ROUMAINE,
† D A N I E L
Archevêque de Bucarest,
Métropolite de Munténie et de Dobroudgéa,
Lieutenant du trône de Césarée de Cappadoce,
Lieutenant de l’Archevêque de Timisoara et Métropolite du Banat et
Patriarche de l’Église Orthodoxe Roumaine

 

† Teofan
Archevêque de Iassy et Métropolite de Moldavie et de Bucovine
† Laurenţiu
Archevêque de Sibiu et Métropolite d’Ardeal
† Andrei
Archevêque de Vad, Feleac et Cluj et Métropolite de Cluj, Maramuressh et Salaj
† Irineu
Archevêque de Craiova et Métropolite d’Olténie
Vacant
Archevêque de Timisoara et Métropolite du Banat
† Petru
Archevêque de Chisinau, Métropolite de Bessarabie et Exarque
† Iosif
Archevêque orthodoxe roumain d’Europe occidentale
et Métropolite orthodoxe roumain d’Europe occidentale et méridionale
† Serafim
Archevêque orthodoxe roumain d’Allemagne, d’Autriche et du Luxembourg
et Métropolite orthodoxe roumain d’Allemagne, d’Europe du Centre et du Nord
† Nifon
Métropolite honoraire, Archevêque de Târgoviste et Exarque patriarcal
† Teodosie
Archevêque de Tomis
† Pimen
Archevêque de Suceava et de Radauti
† Irineu
Archevêque d’Alba Iulia
† Varsanufie
Archevêque de Râmnic
† Eftimie
Archevêque de Roman et de Bacau
† Ciprian
Archevêque de Buzau et de Vrancea
† Calinic
Archevêque d’Argesh et de Muscel
† Casian
Archevêque du Bas Danube
† Timotei
Archevêque d’Arad
† Nicolae
Archevêque orthodoxe roumain des deux Amériques
† Justinian
Archevêque honoraire, Évêque orthodoxe roumain du Maramuresh et de Satmar
† Ioan
Archevêque honoraire, Évêque de Covasna et de Hargita
† Corneliu
Évêque de Hush
† Lucian
Évêque de Caransebes
† Sofronie
Évêque orthodoxe roumain d’Oradea
† Nicodim
Évêque de Severin et Strehaia
† Vincenţiu
Évêque de Sloboza et de Calarashi
† Galaction
Évêque d’Alexandria et de Teleorman
† Ambrozie
Évêque de Giurgiu
† Sebastian
Évêque de Slatina et de Romanati
† Visarion
Évêque de Tulcea
† Petroniu
Évêque de Salaj
† Gurie
Évêque de Deva et de Hunedoara
† Daniil
Évêque- suppléant (administrateur) du diocèse Dacia Felix
† Siluan
Évêque orthodoxe roumain de Hongrie
† Mihail
Évêque orthodoxe roumain d’Australie et de Nouvelle Zélande
† Siluan
Évêque orthodoxe roumain d’Italie
† Timotei
Évêque orthodoxe roumain d’Espagne et du Portugal
† Macarie
Évêque orthodoxe roumain d’Europe du Nord
† Varlaam Ploieşteanul
Évêque-vicaire patriarcal
† Ieronim Sinaitul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Bucarest
† Calinic Botoşăneanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Iassi
† Andrei Făgărăşeanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Sibiu
† Vasile Someşeanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Vad, Feleac et Cluj
† Paisie Lugojeanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Timisoara
† Antonie de Orhei
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Chisinau
† Marc Neamţeanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché orthodoxe roumain d’Europe occidentale
† Sofian Braşoveanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché orthodoxe roumain d’Allemagne, d’Autriche et du Luxembourg
† Emilian Lovişteanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Râmnic
† Ioachim Băcăuanul
Évêque-vicaire de l’Archevêché de Roman et de Bacau
† Ioan Casian de Vicina
Évêque-vicaire de l’Archevêché orthodoxe roumain des deux Amériques
† Iustin Sigheteanul
Évêque-vicaire du Diocèse orthodoxe roumain du Maramuresh et de Satmar
† Ignatie Mureşeanul
Évêque-vicaire du Diocèse orthodoxe roumain d’Espagne et du Portugal

 

Notes :


(1) St. Nicholas Cabasilas, La Vie en Christ, livre IVe.

(2) St. Jean Chrysostome,…

(3) Didachè (L’enseignement des douze apôtres)


(4) La douzième prière de Saint Jean Chrysostome.

(5) Les chants de la sainte liturgie.

(6) Père Dumitru Stăniloae, Théologie Dogmatique Orthodoxe, vol. III.


(7) St. Nicolas Cabasilas, La vie en Christ, livre IVe.

(8) St. Nicolas Cabasilas, La vie en Christ, livre IVe.

(9) St. Nicolas Cabasilas, La vie en Christ, livre IVe.

20 Novembre 2014

Actualités

Programme des évêques de la MOREOM pour Mardi 21 novembre 2017

(†) Entrée de la Mère de Dieu au Temple

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Lettre pastorale du Saint-Synode de l’Église orthodoxe roumaine pour le premier dimanche du Jeûne de la Nativité 2017

Concernant l’importance de L’ANNEE CONSACREE EN HOMMAGE AUX SAINTES ICONES, AUX ICONOGRAPHES ET PEINTRES ECCLESIASTIQUES et de L’ANNEE DE COMMEMORATION DU PATRIARCHE JUSTINIEN ET DES DEFENSEURS DE L’ORTHODOXIE A L’EPOQUE COMMUNISTE, au sein du Patriarcat roumain

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Programme des évêques de la MOREOM pour Dimanche 19 novembre 2017

Célébration de la Divine Liturgie dans le 26ème Dimanche après la Pentecôte (Parabole du riche insensé)

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Programme des évêques de la MOREOM pour Dimanche 12 novembre 2017

Célébration de la Divine Liturgie dans le 25ème Dimanche après la Pentecôte (Parabole du bon Samaritain)

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Programme des évêques de la MOREOM pour Mercredi 08 novembre 2017

Synaxe des Archistratèges Michel, Gabriel et Raphaël

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Programme des évêques de la MOREOM pour Dimanche 05 novembre 2017

Célébration de la Divine Liturgie dans le 22ème Dimanche après la Pentecôte (Le mauvais riche et le pauvre Lazare)

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