Pastorale du Saint Synode de l’Église Orthodoxe Roumaine, Premier Dimanche du Carême de la Nativité du Seigneur 2016


Aux Très Révérends Moines, au Révérend Clergé et aux Bien-Aimés Fidèles du Patriarcat Roumain

Grâce, félicité et paix de la part de Dieu le Père, du Fils et du Saint Esprit et de notre part, paternelle bénédiction !

Très Révérends Pères,

Bien-aimés Frères et Sœurs en Christ,

 

Le Saint Synode de l’Église Orthodoxe Roumaine a proclamé l’année 2016 dans le Patriarcat Roumain comme Année d’hommage à l’Éducation de la jeunesse chrétienne orthodoxe et de commémoration du Saint Prélat Martyr Anthime l’Ibère, ainsi que des imprimeries ecclésiastiques. Ces deux thèmes revêtent une importance particulière pour la mission et l’œuvre de l’Église aujourd’hui, car ils reflètent deux réalités importantes : premièrement, il s’agit de la provocation que constitue la sécularisation de la société contemporaine, qui met en évidence et accentue la nécessité de la formation spirituelle de la jeunesse et son orientation vers l’appropriation des valeurs pérennes, par l’intermédiaire et par la coopération entre la Famille, l’Église et l’École ; deuxièmement, en 2016, nous célébrons les 300 ans de la mort en martyr du Saint Prélat Anthime l’Ibère, théologien, éditeur, fondateur de lieux de culte, personnalité remarquable de la littérature roumaine ancienne, et sage Métropolite de la Valachie.

 

Bien-aimés Frères et Sœurs en Christ,

 

Le Nouveau Testament témoigne à quel point notre Sauveur Jésus Christ a estimé les jeunes. Les trois résurrections miraculeuses qu’Il a accomplies durant Sa vie terrestre ont été accomplies pour rendre la vie à des jeunes : le fils de la veuve de Naïm, la fille de Jaïre et son ami Lazare de Béthanie, le frère des sœurs Marthe et Marie. Par ces résurrections, le Seigneur Jésus Christ nous montre que la jeunesse est le symbole de la beauté de la vie éternelle, découverte et vécue dans le Royaume des cieux (cf. Matthieu 22, 30). 

En même temps, le Nouveau Testament nous dit que beaucoup des disciples qui ont suivi le Christ étaient jeunes. Il en va de même pour le Saint Apôtre Paul – parmi ceux qui l’ont écouté et suivi, nombreux étaient jeunes et l’Apôtre des Nations les mentionne dans ses épîtres : Tychique, Trophime, Tertius, Tite et Timothée. Les deux derniers sont devenus évêques en Crète et à Éphèse. Saint Paul exhortait ainsi le jeune évêque Timothée : « Que personne ne méprise ton jeune âge. Tout au contraire, sois pour les fidèles, un modèle en parole, en conduite, en amour, en foi, en pureté » (1 Timothée 4, 12). Dans sa première épître, le Saint Apôtre et Évangéliste Jean adresse aux jeunes les conseils suivants : « Je vous l’ai écrit, jeunes gens : Vous êtes forts et la parole de Dieu demeure en vous et vous êtes vainqueurs du Mauvais (…) Or, le monde passe, lui et sa convoitise, mais celui qui fait la volonté de Dieu demeure à jamais ». (1 Jean 2, 14, 17)

Aujourd’hui aussi, l’Église considère les jeunes comme un don de Dieu pour la famille, pour l’Église et pour la société ; elle les exhorte à découvrir le Christ et soutient surtout ces jeunes croyants et travailleurs, qui participent intensément à la vie et aux activités missionnaires de l’Église, au plan spirituel, éducationnel, culturel et socio-philanthropique, individuellement ou à travers les organisations de jeunesse. 

La promotion de l’éducation religieuse constitue un acte de témoignage de l’identité spirituelle de l’âme de la famille roumaine et de la tradition de l’enseignement roumain, éducation qui a commencé dans les écoles fondées par l’Église, dans la proximité des lieux de culte. L’éducation religieuse des jeunes commence dans la famille, continue à l’école et à l’Église, là où les jeunes ressentent l’amour et la bénédiction du Christ. C’est pour cela qu’aujourd’hui, plus que jamais, il est nécessaire que la Famille, l’École et l’Église – ces facteurs déterminants pour l’éducation du caractère moral et religieux des enfants  coopèrent de manière concrète et constante, pour une éducation intégrale, à la fois scientifique et spirituelle, professionnelle et morale des enfants et des jeunes, dans l’amour pour les parents, pour Dieu et pour leurs prochains.

Puisque le peuple roumain est un peuple éminemment religieux, l’éducation religieuse ne peut pas manquer au programme des écoles, justement, parce que l’étude de la religion correspond au besoin de la communauté roumaine locale et nationale de garder sa richesse et son identité spirituelle et de transmettre ces valeurs permanentes à la nouvelle génération. La matière Religion a toujours eu, dans le cadre du système public d’enseignement, un rôle important dans le processus de formation des compétences et des aptitudes sociales et morales. C’est pour cette raison, compte tenu du contexte social actuel sensible, que les parents des enfants ont créé, en 2015, l’Association des Parents pour l’Heure de Religion (APOR) et, de même, les professeurs de religion ont fondé l’Association des Professeurs de Religion (APR). Plus encore, afin de promouvoir l’importance de l’éducation religieuse, le Patriarcat Roumain est allé à la rencontre de la jeunesse avec les projets catéchétiques « Le Christ communié aux enfants » et « Choisis l’école », par lesquels on a souhaité créer un lien vivant entre la communauté chrétienne-orthodoxe orante, témoin et solidaire avec ceux qui se trouvent en détresse. 

Tout cet effort a été accompli sous le signe de la félicité et de la joie parentale de l’Église du Christ, qui appelle sans cesse ses jeunes à être des témoins de l’amour compassionnel du Christ pour l’humanité et des missionnaires de l’Église dans le monde, tout comme jadis, notre Seigneur Jésus Christ, lui-même, a appelé Ses disciples à l’apostolat, c’est-à-dire à accomplir leur mission. Il faut remarquer que les fruits de cet effort soutenu de l’Église se sont exprimés par un bel et digne exemple de mission des jeunes - « La rencontre des jeunes orthodoxes du monde entier » - événement organisé par le Patriarcat Roumain, au mois de septembre de cette année, événement qui a rassemblé 2500 jeunes, de Roumanie et d’autres pays.

La rencontre, qui a duré quatre jours (du 1er au 4 septembre 2016), s’est révélée nécessaire et utile car ‘elle a offert aux jeunes la possibilité d’identifier les problèmes spécifiques de leur génération et leur a proposé des solutions possibles. L’enthousiasme, le don de soi et l’esprit de coopération dont ont fait preuve les jeunes lors de cette rencontre, constituent des repères qui mettent en évidence le désir des jeunes de s’impliquer, de manière active, dans la vie de l’Église et de la société, tout comme l’organisation de tels évènements à l’avenir, car la vraie joie naît de la communion des cœurs et, la maturité se réalise par la communication et le travail en communauté. Ainsi, dans la société sécularisée et individualiste d’aujourd’hui, un jeune croyant qui cultive par la prière et par de bonnes actions l’amour envers Dieu et envers son prochain, devient un exemple pour tous les autres jeunes, ainsi qu’un vaillant témoin et missionnaire, impliqué activement dans la vie de l’Église du Christ et dans celle de ses semblables.

 

            Bien aimés fils et filles en Christ,

            Une éducation saine intégrale, qui se propose comme objectif la formation des jeunes caractères, ne peut être séparée de la force de l’exemple. L’Église Orthodoxe nous offre des exemples ou des modèles de vie pure, d’amour humble et charitable à travers les Saints du Christ. A cet égard, la joie de la rencontre et de la communion avec les jeunes a été complétée avec la solennité de la commémoration des 300 ans (1716-2016) de la mort en martyr d’un saint érudit prélat : Anthime l’Ibère, ancien Métropolite de la Valachie (1708-1716).

            Bien qu’il soit géorgien d’origine, Saint Anthime l’Ibère, reste dans la mémoire de l’Église Orthodoxe Roumaine comme une personnalité aux dons et aux qualités multiples : érudit, théologien, orateur éloquent, créateur de langue liturgique et imprimeur expérimenté, calligraphe, sculpteur, architecte et fondateur d’églises. En même temps, il a été un bon pasteur et économe de l’Église, faisant preuve d’esprit socio-philanthropique, penché vers les besoins concrets des fidèles dont il avait la charge.

            Son œuvre pastorale la plus remarquable est sans doute la publication des livres liturgiques, destinés au peuple très fidèle et à ses dirigeants, mais aussi des livres manuels pour les prêtres.

            Saint Anthime l’Ibère a laissé à la postérité un riche héritage typographique afin de venir en aide aux orthodoxes de l’empire ottoman : 63 volumes au total, dont 21 en langue roumaine, le reste en grec, arabe et géorgien. Son œuvre homilétique, dans laquelle il fait preuve avec maestria de ses grands talents d’orateur et de pratiquant actif de l’Évangile du Christ, est également remarquable.

            Le monastère Anthime de Bucarest, fondé par lui (1713-1715) est, lui aussi, une expression éloquente du talent artistique du Métropolite et son Testament est un témoignage quant à l’amour paternel que le grand prélat nourrissait envers ses fidèles, dépourvus de tant de biens matériels. En signe de respect et de reconnaissance pour sa riche activité pastorale, pour sa vie sainte et pour la couronne de martyr reçue par ce grand prélat, le mois de septembre 1716, sur les bords de la rivière Tungia, près d’Adrianople (Edirne, Turquie), mais aussi parce qu’il a beaucoup aimé l’Église Orthodoxe et le peuple roumain, dont il était le pasteur, le Saint Synode de l’Église Orthodoxe Roumaine a décidé, en 1992, de canoniser le Métropolite Anthime l’Ibère et d’en faire sa commémoration, chaque année, le 27 septembre.

 

 

            Bien aimés fils et filles en Christ,

 

            Le carême de la Nativité du Seigneur, appelé aussi dans la tradition roumaine carême de Noël, constitue une bonne occasion de préparation spirituelle et de sanctification des pensées, du corps, et de notre âme à travers les Mystères de la Confession et de la Communion. Mais, cette préparation spirituelle, surtout dans la période du carême, demande à être complétée par des actions de charité, par des signes de l’amour charitable envers ceux qui se trouvent dans le besoin.

            A cet égard, le Saint Apôtre Paul nous enseigne que la vraie foi est « la foi agissant par l’amour » (Galates 5, 6). Pour cela, l’Église Orthodoxe a cultivé sans cesse le vécu de la vraie foi et les actions de l’amour charitable qui en sont issues. Saint Anthime l’Ibère a parlé dans ses écrits de la grandeur et de la force de la charité, en rappelant que : « Par la charité nous rendons Dieu proche de nous, en donnant avec charité de nos économies à ceux qui manquent, aux pauvres, aux étrangers, aux malades, à ceux qui sont dans les prisons. Et alors, Dieu aura pitié de nous, comme il est dit dans les dix béatitudes ».

            Ainsi, surtout en ce temps de crise spirituelle, morale, économique et financière, nous sommes appelés à rester fermes dans la juste foi et dans les bonnes actions, qui surgissent de l’amour charitable, en mettant toute notre espérance en Dieu « Qui nous dispense tous les biens en abondance, pour que nous en jouissions » (1Timothée 6, 17).

            C’est pour cela, que cette année aussi, nous exhortons le clergé et les fidèles de notre Sainte Église à organiser dans les paroisses, dans les monastères, dans les éparchies, des collectes d’argent, d’aliments, de vêtements et de médicaments pour aller au-devant et pour consoler tous ceux qui souffrent et qui manquent de tout : familles éprouvées avec de nombreux enfants, familles sinistrées, enfants orphelins, vieillards seuls et malades, personnes vivant seules dans des asiles et des maisons pour personnes âgées, dans des hôpitaux, etc. Convaincus que vous ferez preuve, cette année aussi, de beaucoup de générosité chrétienne et que vous répondrez avec amour à notre appel paternel, dans cette sainte action d’entraide pour ceux dans le besoin, nous vous remercions pour la générosité que vous avez montrée, les années passées, à travers des actions charitables. En même temps, nous prions que Dieu le Miséricordieux vous donne paix, joie et toujours plus de grâce. Ainsi, nous nous préparerons mieux pour la Glorieuse Fête de la Nativité de notre Seigneur Jésus Christ, Fils éternel de Dieu, Qui S’est fait Homme par amour charitable pour les hommes et pour leur salut. En vous embrassant avec amour paternel nous vous partageons la bénédiction apostolique : « Que la grâce de notre Seigneur Jésus Christ, l’amour de Dieu, et la communion du Saint Esprit soient avec vous ». (2 Corinthiens 13, 13)

 

† DANIEL Patriarche de l’Église Orthodoxe Roumaine

19 Novembre 2016

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