Lettre pastorale pour la Sainte Pâque 2012


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LETTRE PASTORALEPOUR LA SAINTE PAQUE 2012

A TOUT LE CLERGE,

AUX MOINES

ET AU PEUPLE ORTHODOXE

DE TOUT L’ARCHEVECHE

 
«Ils crièrent vers le Seigneur dans leur tribulation, et Il les tira de leur détresse. Il envoya Son Verbe, et Il les guérit, et Il les arracha à leur corruption. » (Ps 106, 19-20)  

Révérend père,

Frères et sœurs bien-aimés dans le Seigneur,

Le Carême de quarante jours et la Semaine de la Passion nous aident à recevoir en nous plus manifestement le Christ notre Seigneur, Celui qui a pris sur Lui notre souffrance et notre mort, vivant notre condition humaine, afin de nous guérir justement de la souffrance et de la mort éternelle. Par Sa Résurrection des morts, Il s’est fait Lui-même « prémices de ceux qui se sont endormis, premier-né d'entre les morts, afin d’avoir la primauté en tout. » (Divine Liturgie de St. Basile le Grand). Par Sa Passion et par Sa mort, le Christ nous guérit du péché et de la mort spirituelle, de la maladie et de la mort corporelle. Jésus Christ, le Fils du Dieu Vivant, est le Médecin de nos âmes et de nos corps. Il guérit non seulement l’âme, mais l’homme entier, corps et âme, et bien plus, le divinise par Sa Résurrection des morts. 

Le Christ a pris sur Lui notre nature humaine, connaissant aussi bien la souffrance dans Son corps, par la Passion, la mort et le tombeau, que l’enfer de l’homme intérieur, spirituel, le vivant sur la Croix pour nous. Là, sur la Croix, avec nous, les faibles dans la foi, qui perdons si souvent Dieu dans notre vie, qui nous vautrons dans l’enfer de l’éloignement de Dieu, le Christ a fait jaillir ce cri, qui jaillit si souvent dans le cœur de l’homme désespéré: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-Tu abandonné? » (Matthieu, 27, 46) Mais ce n’est pas Dieu qui m’abandonne moi, l’homme, c’est moi, l’homme, qui L’abandonne, qui choisis l’enfer. Et devant la mort, qui peut rester indifférent au lieu vers lequel il se dirige ? Nous nous retrouvons seuls devant la mort, personne ne peut nous aider, si ce n’est le Maître de la Vie, la Vie-même. Le Christ nous a délivrés de cette solitude en la vivant avec nous et pour nous, en la remplissant, sur la Croix, de Sa grâce, de Sa présence rédemptrice. Depuis que le Christ est monté sur la Croix, nous ne sommes plus seuls devant la mort, Il nous a guéris de la pesanteur de la solitude et nous a aidés à Le voir, Lui le Maître de la vie, « mêlé à notre mort », qu’Il reçoit et dont Il triomphe, dont Il se revêt, Lui, la Vie, et qu’Il vainc par elle-même, comme nous le chantons en ce jour béni : « …par la mort ayant terrassé la mort ». Il ne se laisse pas crucifier pour nous juger nous, mais pour juger la mort, pour nous en guérir. Parce que le Christ est venu nous donner la guérison de tous nos maux. 

Frères et sœurs bien-aimés, 

« L’amour guérisseur »  de Dieu s’est montré et se montre à tous de maintes façons, devant la vie comme devant la mort. La mort, pour nous les fidèles, c’est le passage vers le Seigneur, l’entrée dans Sa demeure. 

Lorsque le Christ guérit le lépreux (Matthieu, 8, 2-4), Il ne guérit pas seulement la lèpre corporelle, mais Il guérit aussi la lèpre spirituelle – celle qui enlaidit, déforme et défigure aussi l’homme intérieur –, la lèpre de l’âme étant son manque de confiance en Dieu. 

En guérissant le serviteur du centurion romain uniquement par Sa parole, et sans se rendre dans sa maison (Matthieu 8, 5-13), Il ne guérit pas seulement un étranger, quelqu’un qui n’est pas de Son peuple et qui ne partage pas la même foi, – toutefois son maître croyait à la puissance du Christ –, mais Il guérit aussi le peuple qui L’écoutait de l’indifférence et du mépris pour ceux d’un autre peuple, et qui de plus l’opprimaient, comme c’était le cas des Romains à l’époque. Mais Il nous guérit nous aussi, de cette indifférence et du mépris envers celui qui se trouve à côté de nous, et qui est différent de nous. 

Lorsqu’Il guérit la belle-mère de Pierre, « couchée et ayant la fièvre ; Il toucha sa main, et la fièvre la quitta; puis elle se leva, et Le servit » (Matthieu 8, 14-15), le Christ ne fait pas seulement se lever un corps épuisé par le nombre des années et qui l’approche de la mort, mais guérit aussi le doute de Pierre qui hésitait, ne sachant s’il devait ou non Le suivre, ayant une famille et des enfants. Le Seigneur guérit en même temps tous ceux qui, ne s’approchant de Lui que sur leurs vieux jours, doutent de pouvoir encore faire quelque chose de bon, et sombrent dans le découragement et le durcissement du cœur. Quelque âgée qu’elle soit, la belle-mère de Pierre, une fois réveillée à la foi en Christ, « se leva et Le servit », c’est-à-dire qu’elle avait encore beaucoup à apporter devant le Seigneur, elle avait encore beaucoup à donner.

Quelle souffrance n’a-t-Il pas apaisée dans le cœur de la femme frivole, Marie de Magdala, qui souffrait à cause de ses propres péchés! Ou quelle tristesse n’a-t-Il pas chassée du cœur de la mère veuve de Naïn, dont le fils était mort, ou du père du démonisé ! Les mêmes souffrances et tristesses, Il les porte avec chacun d’entre nous en ce jour et les guérit, les transforme en consolations, si nous avons foi en Lui.

En chassant les démons des hommes, en guérissant les maladies spirituelles et corporelles, le Christ notre Seigneur se montre, à nous tous, à ceux de l’époque, à ceux de maintenant, et à ceux qui viendront après nous, comme Celui qui guérit l’âme et le corps, non pas comme n’importe quel guérisseur, mais comme Celui qui, sur la Croix et dans les souffrances, « a pris nos infirmités et s’est chargé de nos maladies » (Esaïe 53, 4 et Matthieu 8, 17). Il les a portées en les guérissant, en écartant l’obstacle qu’elles faisaient entre Lui et nous, pour qu’elles n’entravent plus notre rapprochement de Lui, nous montrant qu’Il les porte jusqu’à la fin des temps avec nous et pour nous, qu’Il endure tout avec nous, qu’Il vit et souffre avec nous. 

En ressuscitant la fille de Jaïre, le chef de la synagogue (Matthieu 9, 25), le fils de la veuve de Naïn (Luc 7, 11), Lazare qui était mort depuis quatre jours (Jean 11), le Christ préfigure Sa Résurrection, assurant ceux qui Le suivent et qui Le suivront jusqu’à la fin des temps qu’Il est le Maître de la vie, la Vie-même, qu’Il est la Résurrection de tous ceux qui croient en Lui. Il nous assure ainsi de notre propre résurrection par la foi en Sa parole. « Celui qui écoute Ma parole, et qui croit à Celui qui M'a envoyé, a la vie éternelle et ne vient point en jugement, mais il est passé de la mort à la vie ». (Jean 5, 24)

Chers fidèles,

Le Christ vient nous visiter aujourd’hui aussi dans nos souffrances et nos maladies, c’est pourquoi dans l’Eglise Il nous a laissé le Sacrement de la Guérison à la fois spirituelle et corporelle, dans le Sacrement de la confession et de la prière pour les malades, l’Office des Saintes Huiles, où nous rencontrons le Christ, le médecin de nos âmes et de nos corps, Celui qui s’approche de la maladie et de l’impuissance de chacun de ceux qui le demandent. « Quelqu'un parmi vous est-il malade? Qu'il appelle les presbytres de l'Église et qu’ils prient sur lui, en l'oignant d'huile au nom du Seigneur; la prière de la foi sauvera le malade, et le Seigneur le relèvera; et s'il a commis des péchés, ils lui seront remis. » (Jacques 5, 14-15)

Si le Christ nous visite dans nos souffrances et nos maladies, en réponse aux prières et à l’intercession de Sa Mère, la Très-sainte Mère de Dieu et de tous les saints qui intercèdent pour nous, faisons de même nous aussi les uns pour les autres, dans nos maladies et nos souffrances. Intercédons aussi, avec Saint Basile le Grand, auprès de Celui qui guérit nos âmes et nos corps, pour tous ceux qui nous entourent : Père Saint, « … réconforte les faibles, rassemble les dispersés, ramène les égarés, et réunis-les à Ta sainte Église catholique et apostolique ; libère ceux que tourmentent les esprits impurs; […] défends les veuves, protège les orphelins, délivre les captifs, guéris les malades » (Divine Liturgie de St. Basile le Grand).

Les temps que nous vivons sont troubles et remplis d’incertitude pour le lendemain. Tenons-nous tous proches du Christ notre Seigneur, Celui qui a uni le Ciel et la terre, les joignant par Sa Croix, les ouvrant l’un à l’autre par Sa Résurrection. 

« L’amour guérisseur » du Christ pour nous est le guide et la lumière que nous recevons pendant la nuit de la Résurrection. Ne nous en séparons plus jamais, pour tout le reste de notre vie, mais gardons allumée la flamme de l’amour dans nos cœurs, en nous désaltérant sans cesse à la source de la Lumière de l’amour du Christ, et en la partageant avec ceux qui nous entourent!

LE CHRIST EST RESSUSCITE !

De celui qui pour vous désire tout bien, 

 

  † Le Métropolite Joseph 

Sainte Pâque 2012, Paris.

14 Avril 2012

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